L’efficacité de la prière

(Marc 9:14-25)

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Culte du dimanche 21 septembre 2014
prédication de la professeur Valérie Nicolet-Anderson
Faculté de théologie Protestante de Paris

Situation du texte

Les chapitres 8-10 jouent un rôle un peu particulier dans l'évangile de Marc. Ils marquent la transition entre l'activité de Jésus en Gaulée et son arrivée triomphale à Jérusalem au début du chapitre 11. Ces chapitres sont encadrés par deux guérisons d'aveugle. D'abord, Jésus guérit un aveugle en deux temps. On a là le récit très graphique d'un miracle où Jésus, comme les guérisseurs de l'époque, utilise sa salive pour enduire les yeux de l'aveugle. Celui-ci voit d'abord un peu trouble: les hommes ressemblent à des arbres. C'est seulement à la deuxième application des mains de Jésus que l'aveugle est véritablement guéri. On a déjà là un indice d'un thème récurrent de ces chapitres: quand il s'agit de Jésus, il vaut mieux s'y prendre à deux fois avant de penser qu'on voit correctement, ou qu'on a compris. À la fin du chapitre 10, on trouve une autre guérison d'aveugle, celle de Bartimée, une guérison qui, nous le verrons, joue un rôle paradigmatique dans l'évangile de Marc.

Ces deux guérisons servent de cadre à des épisodes qui se passent "sur le chemin". Sur le chemin vers Jérusalem bien sûr, mais aussi, et peut-être de manière plus importante, sur le chemin pour comprendre qui est Jésus et ce que ça implique d'être un disciple de Jésus. Au centre de cette section, en effet, et un peu avant le passage qui nous préoccupe ici, on trouve un épisode qui est souvent caractérisé de pivot dans le récit de Marc: le récit de la transfiguration, sur la montagne. Jésus, Pierre, Jacques et Jean sont montés sur une haute montagne. Devant les yeux ébaubis des disciples, Jésus devient d'une blancheur resplendissante. Il est rejoint par Moïse et Elle, et Pierre en particulier souhaiterait demeurer là éternellement, baignant dans la gloire de son messie transformé. Il n'en est pas ainsi, et b gloire est de courte durée. Redescendu de la montagne, Jésus et son cercle intime retrouvent les autres disciples, et l'auteur de Marc nous transmet le récit que nous venons d'entendre, qui met cri scène, à côté du miracle de Jésus, et peut-être de manière plus importante, l'échec des disciples à chasser le démon. Donc, pour reprendre: deux guérisons d'aveugle qui encadrent notre récit. La première fonctionne comme un avertissement. Quand il s'agit de Jésus, il faut être d'accord de s'y reprendre à plusieurs fois. Nous reviendrons sur le rôle de la deuxième à la fin de notre parcours. Au milieu, une expérience mystique, une transformation surprenante, mal comprise par les proches de Jésus, et qui est suivie pas un échec des disciples. En gardant ce contexte à l'esprit, je vous propose de revenir au texte sur lequel je m'appuie aujourd'hui.

Le texte

Le récit que nous avons entendu met en scène un miracle, comme on en trouve de nombreux dans les évangiles canoniques, mais aussi dans d'autres textes de la même époque. L'histoire est frappante en elle-même, touchante, attachante. L'auteur de Marc est un bon conteur, qui construit ses personnages avec talent: nous sommes confrontés à un père désespéré qui doit faire face au mal de son fils, un mal qui s'exprime de manière spectaculaire. Non seulement l'enfant est jeté au sol, et écume, mas le père raconte également comment ces crises, que les commentateurs rapprochent souvent à des crises d'épilepsie, mettent régulièrement la vie de l'enfant en danger. En tant que lecteur, nous éprouvons de la compassion pour le père, nous pouvons être touchés par sa détresse. Mais le texte ne propose pas seulement une bonne histoire.

Ce récit de miracle difficile à oublier sert aussi à étoffer la description de la relation entre Jésus et ses disciples. Dans l'évangile de Marc, cette relation est, pour le dire délicatement, difficile. En particulier, surtout à partir du moment où Jésus se met en route pour Jérusalem, les disciples sont décrits comme comprenant de moins en moins tant la situation que la personne de Jésus. On le voit déjà au moment du récit de la transfiguration, quand Pierre refuse de comprendre que la révélation de la gloire de Jésus sert surtout à préparer l'interprétation de ce qui se passera ensuite, au moment de la crucifixion, mais ne peut en aucun cas être le moment sur lequel les disciples doivent s'arrêter. On le voit encore ici: le père s'est d'abord adressé aux disciples pour qu'ils guérissent son fils. Ils s'en sont montrés incapables. Jésus réagit violemment à cette incapacité des disciples. Marc, là encore, démontre son talent de narrateur. Il décrit Jésus à bout de nerfs, se plaignant de son entourage. On l'imagine facilement en train de s'arracher les cheveux, tant il est exaspéré par les échecs des disciples: "Génération incrédule, jusqu'à quand serai-je auprès de vous ? Jusqu'à quand aurai-je à vous supporter ?" Dans l'évangile de Marc, l'irritation de Jésus face à ses disciples est croissante.

Dans la logique narrative de Marc, il faut se rappeler que Jésus a donné à ses disciples l'autorité de commander aux esprits impurs, et donc de pratiquer des guérisons, déjà au chapitre 6, au début de son ministère. Jésus envoie les disciples en mission et l'évangéliste rapporte que les disciples chassaient les démons et soignaient beaucoup de personnes. En tant que lecteur, on peut donc présupposer que les disciples sont capables de guérir, et d'exorciser des démons. Ils l'ont déjà fait. Ils en ont la capacité. Jésus lui-même la leur a donnée. Leur échec, et c'est là la cause de l'irritation de Jésus, vient d'ailleurs. La raison de cette irritation est donnée à la fin de la péricope que nous avons écoutée. Entre deux, comme pour enfoncer le clou, Jésus pratique lui-même avec succès l'exorcisme de l'enfant. En insérant l'exorcisme au sein du dialogue entre Jésus et les disciples, Marc montre narrativement ce qu'il expliquera discursivement à la fin de la péricope. Il raconte ce qu'il dit. La raison de l'échec des disciples est donnée tout à la fin. Seule la prière peut chasser ce genre de démons. Comme la réponse paraît simple! Gentille, même après la colère noire de Jésus raconté au début de l'histoire. Naïve peut-être? Et pourtant. Cette réponse si simple, apaisante - ah c'était donc ça, il suffisait de prier! - pose des questions importantes, qui traversent l'évangile de Marc, et qui nous questionnent également aujourd'hui. J'aimerais réfléchir à ces questions en deux temps. D'abord dans le contexte de l'évangile de Marc, et ensuite, d'une manière un peu plus large, en utilisant la figure de Bartimée, l'aveugle guéri à la fin de cette section et dont nous avons déjà parlé.

Dans le texte de Marc

C'est peu dire que la prière joue un rôle fondamental dans l'évangile de Marc. À la fin de l'exorcisme du fils, Jésus explique que seule la prière peut venir à bout d'un tel démon. Auparavant l'évangéliste a montré narrativement ce que Jésus explique à présent discursivement. Dans l'interaction qui a lieu entre Jésus et e père de l'enfant, l'attitude du père de l'enfant est contrastée à celle des disciples. Au reproche de Jésus, le père répond par une confession, tant de sa confiance en Jésus, que des limites de cette même confiance. Pourrait-on qualifier la réponse du père de prière précisément? Je crois que c'est en effet possible. Sa prière affirme la confiance qu'il a en la personne et en les pouvoirs de Jésus, mais elle demande aussi que cette confiance soit affermie, consolidée. Il me semble correct ici de voir l'affirmation de foi du père comme l'affirmation d'une confiance. Non pas je crois en quelque chose, en des dogmes, ou des affirmations théologiques, mais plutôt, "je te fais confiance, j'ai entendu parler de toi, et je crois que tu es capable de guérir mon enfant". En même temps, le père admet aussi l'absurdité de cette confiance, comme s'il disait, "oui je te fais confiance, mais je connais aussi mes doutes, le risque qui y a ainsi à confier mon enfant à une personne que certains décrivent comme insensé". Le père de l'enfant offre une figure qui est présentée en contraste à la figure des disciples. Là encore, l'évangéliste montre narrativement ce qu'il explique également discursivement. Les disciples dans l'évangile de Marc sont souvent présentés comme étant sûrs d'eux, mais aussi comme choisissant régulièrement la mauvaise option. Pierre, à la transfiguration, croit savoir ce qu'il faut faire, mais il se trompe. Au moment où il reconnaît que Jésus est le Messie, il refuse en même temps que cette identité de Messie aille de pair avec les souffrances de la crucifixion. Le père de l'enfant représente une autre façon de réagir à Jésus. Il fait preuve de confiance, certes, mais il reconnaît aussi que cette confiance est inquiétante, le dépasse peut-être un peu, lui fait peur: pourquoi ferait-il confiance à cet homme qu'il ne connaît que de réputation, alors même que ses disciples n'ont pas réussi à guérir son fils? L'admission des limites de sa confiance par le père, sa prière pour plus de loyauté, est à mon sens ce qui permet à Jésus de réussir là où les disciples ont échoué. C'est la prière du père qui finalement ouvre la possibilité au miracle.

L’échec des disciples à imiter cette attitude a de graves conséquences. Dans ce passage, elle es confronte à une défaillance à laquelle Jésus peut remédier. Lui est capable de guérir l'enfant. Au moment de l'histoire de la passion, leur échec va être plus profond, mais la cause en est la même, il me semble. En effet, quand Jésus demande aux disciples de veiller avec lui au jardin de Gethésmané et qu'il est confronté à son propre désespoir, sa réponse est remarquablement similaire à celle du père de l'enfant possédé: il reconnaît les limites de sa confiance, tout en l'affirmant. Il demande que lui soit épargnée l'épreuve mais place la décision dans les mains de Dieu. C'est sa prière qui lui permet de trouver une manière d'affronter ce qui est à venir. En contraste, les disciples ne prient pas.

II n'y a pas de raisons données à leur absence de prière, mais c'est l'absence de prière qui les rend incapables de veiller. Quand Jésus revient vers eux et les encourage à veiller avec lui, il leur dit : "veillez et priez, afin de ne pas entrer en tentation" (14:38). Parce que les disciples ne prient pas, parce qu'ils sont incapables de reconnaître et de donner voix tant à leur confiance et, peut-être surtout, à leur manque de confiance, ils échouent lamentablement dans leur entreprise de suivance. Là encore, l'évangéliste construit Pierre comme le paradigme de cet échec. Pierre est véritablement le sol "pierreux" de la parabole du semeur. Il s'enthousiasme, affirme sa volonté de suivre Jésus jusqu'à la mort, et tout de suite après, se retrouve en situation d'échec cuisant, endormi au jardin de Gethsémané. Pour l'évangile de Marc, ce qui fait la différence entre le sol "pierreux", sur lequel la graine germe et pousse tout de suite, mais ne parvient pas à persévérer parce qu'elle craint les persécutions, et les souffrances, et la bonne terre, dans laquelle la graine peut produire du fruit, c'est la prière. Seul celui ou celle qui reconnaît son propre besoin et ses propres limites, seul celui qui admet ne pas pouvoir tout seul, seul celui-ci, dans l'évangile de Marc, peut être guéri, sauvé, retrouver la vue.

Si l'histoire de l'enfant possédé ne suffisait pas, l'évangéliste démontre encore une fois narrativement l'importance de la prière à la fin de cette section sur le chemin, juste avant l'entrée à Jérusalem. Nous retrouvons là l'aveugle Bartimée dont nous avons parlé au début de notre petit parcours dans Marc. Lorsque Bartimée entend que Jésus passe a proximité de lui, sur le chemin, il se met à crier: "Fils de David, Jésus, aie pitié de moi!" Malgré les réactions de ceux et celles autour de lui, Bartimée continue de s'adresser ainsi à Jésus. Quand Jésus s'approche de lui, il demande à Bartimée ce qu'il veut, et Bartimée répond qu'il veut recouvrir la vue. Jésus lui répond: "va, ta confiance t'a sauvé". Immédiatement après, l'évangéliste rapporte que Bartimée retrouve la vue. Ce que Jésus décrit comme confiance dans l'histoire de Bartimée se voit concrètement dans la prière que Bartimée adresse à Jésus. Elle indique la confiance de Bartimée puisque celui-ci reconnaît la messianité de Jésus en l'appelant "Fils de David", mais elle indique aussi l'humilité de Bartimée, qui implore la pitié de Jésus. Une fois de plus l'évangéliste nous propose une figure de contraste aux disciples. Bartimée, malgré sa cécité, a le courage requis pour véritablement voir Jésus pour qui il est et il a l'humilité nécessaire pour reconnaître ses propres limites Il me semble que là encore c'est la prière qui permet le miracle. Il y aurait d'autres exemples dans l'évangile de Marc. Celui-ci se plaît à démontrer de manière narrative ce qu'il proclame aussi dans ses discours. La bonne terre, celle qui produit des fruits, ce sont ces personnages itinérants de l'évangile de Marc qui la représentent. Et ils la représentent parce que, en contraste avec les disciples, ils font preuve de confiance mais aussi d'humilité. Ils prient, reconnaissent l'identité de Jésus, et reconnaissent leur incapacité à comprendre complètement ce qui est en train de se passer.

Conclusion: la prière

La prière est à mon sens un élément-clé dans l'évangile de Marc pour comprendre la catégorie de bonne terre dans l'évangile, pour comprendre qui "suit" véritablement Jésus, qui comprend l'identité de Jésus, qui comprend également comment affronter la difficulté et le manque de confiance. L'évangéliste présente plusieurs exemples de personnages dans l'évangile qui incarnent cette attitude, et qui sont guéris, restaurés, sauvés. Jésus lui-même est un exemple de ce type de comportement. Ce lien entre prière et salut, qui témoigne d'une grande cohérence au sein du récit narratif de Marc, peut néanmoins poser certains problèmes à notre contexte moderne. En particulier, je réagis avec méfiance quand on pose l'équation prière-guérison, avec la présupposition: il suffit de prier pour être guéri, pour que la tumeur disparaisse, pour que l'enfant survive, pour que le frère renonce à son addiction, pour que le proche change son comportement. I! y a deux aspects particulièrement pervers à cette équation: si ce pour quoi on prie ne se produit pas, C'est parce qu'on n'a pas prié assez bien, ou assez longtemps, ou avec les bons mots. Et puis, cette équation peut réduire les rapports des êtres humains à Dieu à une série d'interactions calculées: je t'offre tant et tant de prières et en échange tu me donnes ce que je te demande. Le contexte du premier siècle peut dans un certain sens expliquer cette dérive possible dans l'emploi de la prière. Dans la piété du premier siècle, il importait que les dieux soient contents. De leur contentement dépendaient les bonnes récoltes, la santé financière, la paix, les bons voyages. De plus, si un dieu agissait comme un bon patron, en fournissant ce dont ses clients avaient besoin (que ce soit de la pluie quand il fallait de la pluie ou la protection de la famille, ou la réussite dans les batailles), les clients se devaient de montrer la reconnaissance appropriée et de proclamer les les bienfaits qu'ils avaient reçus de leur dieu, leur bénéfacteur.

Dans notre contexte, nous n'aimons pas trop comparer les interactions des êtres humains avec Dieu aux transactions qui pouvaient se faire entre patron et clients au premier siècle. Ce contexte n'est plus vraiment le nôtre, même si parfois nous éprouvons le même besoin de protection qui motive le système de patronage au premier siècle. Comment alors réfléchir à la prière, et à son importance, sans nécessairement l'inscrire dans le système de bénéfactions qui régissait le premier siècle? L'évangile de Marc nous offre des pistes, mais a aussi ses limites, puisqu'il s'inscrit pleinement dans la culture du premier siècle. Le texte qui nous a accompagnés ce matin décrit une prière simple. Elle parle de confiance et de manque de confiance. Elle ne demande rien, ou en tout cas pas explicitement. Elle permet simplement au père de l'enfant de se placer en relation de confiance avec Jésus. Elle n'exclut pas non plus le recours à d'autres méthodes. Dans l'évangile de Marc, on constate que ceux et celles qui demandent des miracles ont souvent eu recours à d'autres méthodes de guérison reconnues à l'époque. Ils s'inscrivent pleinement dans les connaissances médicales de leur temps par exemple, ce qui nous rappelle que la prière n'exclut pas le recours à toutes les connaissances médicales et scientifiques que notre époque peut offrir. La prière nous replace simplement dans une relation de confiance qui pour l'évangéliste précède tout le reste.

La prière telle qu'elle est présenté dans l'évangile de Marc est une affirmation de confiance mais aussi une constatation de ses propres limites. Dans la constatation de ces limites, la manière dont l'évangéliste pense à la prière me donne envie d'aller chercher ailleurs, pour réfléchir encore un peu plus à la prière aujourd'hui. Dans cette insistance sur les fêlures des êtres humains, sur l'importance de leurs imperfections, l'évangile de Marc évoque pour moi les mots du poète chanteur canadien, Leonard Cohen. Ses chansons sont souvent comparées à des prières. Elles en ont certainement la puissance évocatrice et la poésie. Je pense en particulier à une thématique qui traverse plusieurs de ses chansons et fait référence à la façon dont les êtres humains peuvent ou non offrir une forme de louange à leur dieu, quel qu'il soit. La chanson sur-utilisée Alléluia pose cette problématique de manière ouverte. Cohen y chante son doute d'avoir su offrir la bonne forme de louange. Il affirme n'avoir su apporter qu'un alléluia brisé. Il écrit: "j'ai fait de mon mieux, ce n'était pas grand-chose." La seule chose qu'il peut offrir à son dieu est un hommage bancal mais sincère. Pour lui, dans chaque mot, il y a un éclair de lumière. Dans une autre chanson, plus récente, et d'ailleurs intitulée "Come Healing" (Viens, guérison) il affirme qu'on ne peut jamais qu'apporter ses fêlures comme hommage à la divinité. La prière ici ne fonctionne pas pour s'assurer de quelque chose de la part de dieu, elle n'est même pas vraiment demande. Elle est simplement affirmation de notre profonde humanité, de nos brisures, de nos détresses, de nos manquements, de nos échecs, de toutes ces choses qui, au sein même de toutes nos différences, nous marquent simplement comme des frères et des sœurs sur la terre, constamment insuffisants et limités dans ce que nous pouvons faire, dans la confiance que nous savons accorder. Cohen écrit, dans un refrain devenu célèbre, que c'est à travers nos fêlures, nos fragilités, nos failles, que la lumière peut se glisser. Peut-être que la centralité de la prière se trouve là, pour nous. Elle ne fonctionne pas comme une assurance-vie, ou comme une façon d'obtenir à coup sûr ce dont nous avons besoin. Mais elle nous rappelle, et là nous pouvons aussi bien nous appuyer sur l’évangile de Marc que sur es mots de Leonard Cohen que nos offrandes ne sont jamais parfaites, nos mots rarement bien trouvés, et que ce sont nos abaissements et nos faillites qui laissent entrer la lumière, et que dans ces manquements, nous nous retrouvons en solidarité avec les autres, avec toutes nos différences d'éducation, de culture, de classe, de genre et de sexualité. Les mots de la prière sont peut-être une façon de nous encourager à accepter cette solidarité dans la différence, et même à la proclamer: "j'ai confiance. Aide-moi dans mon manque de confiance." "Il y a une brisure en chacun de nous. C'est par là que la lumière se glisse."

Amen

 

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Pasteur dans la chaire de l'Oratoire du Louvre - © France2

Pasteur dans la chaire de
l'Oratoire du Louvre
© France2

Lecture de la Bible

Marc 9:14-25

Lorsqu’ils furent arrivés près des disciples, ils virent autour d’eux une grande foule, et des scribes qui discutaient avec eux.
15 Dès que la foule vit Jésus, elle fut surprise, et accourut pour le saluer.
16 Il leur demanda: De quoi discutez-vous avec eux?
17 Et un homme de la foule lui répondit: Maître, j’ai amené auprès de toi mon fils, qui est possédé d’un esprit muet.
18 En quelque lieu qu’il le saisisse, il le jette par terre; l’enfant écume, grince des dents, et devient tout raide. J’ai prié tes disciples de chasser l’esprit, et ils n’ont pas pu.
19 Race incrédule, leur dit Jésus, jusqu’à quand serai-je avec vous? jusqu’à quand vous supporterai-je? Amenez-le-moi. On le lui amena.
20 Et aussitôt que l’enfant vit Jésus, l’esprit l’agita avec violence; il tomba, et se roulait par terre en écumant.
21 Jésus demanda au père: Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive? Depuis son enfance, répondit-il.
22 Et souvent l’esprit l’a’a jeté dans le feu et dans l’eau pour le faire périr. Mais, si tu peux quelque chose, viens à notre secours, aie compassion de nous.
23 Jésus lui dit: Si tu peux!... Tout est possible à celui qui croit.
24 Aussitôt le père de l’enfant s’écria: Je crois! viens au secours de mon incrédulité!
25 Jésus, voyant accourir la foule, menaça l’esprit impur, et lui dit: Esprit muet et sourd, je te l’ordonne, sors de cet enfant, et n’y rentre plus.