Visite de l'Oratoire du Louvre

1) intérieur actuel  -  2) extérieur actuel  -   3) au XVI-XVIIe  -  4) au XVIIIe  -  5) au XIX-XXe  -  6) histoire


plan de l'Oratoire du Louvre

Architecture

Bible

Chaises

La chaire

Table de communion

Baptistère

Les orgues

Banc des conseillers

Porte et Tambour

Chapelles

Stalles

Verset

Croix

Colombe

Devise

Héros

Musique

Décors XVIIe

Vitraux et légion d'honneur

Grande sacristie

Salle haute

Pasteurs

Mariés

Cercueil

Quêteuses

Bustes

 

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  • La sacristie des pasteurs
  • Fauteuils des mariés
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  • Les quêteuses
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l'Oratoire, un matin
l'Oratoire, un matin

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Qu'est ce qu'un temple protestant?

Un temple protestant n'est pas un lieu sacré. C'est un lieu de réunion où les chrétiens protestants viennent rendre un culte ensemble à Dieu, d’abord, et viennent aussi pour stimuler leur foi et leur questionnement personnel par l’écoute d’une lecture de la Bible et d’une prédication.

L'architecture d'un temple protestant et son mobilier sont modestes. Pas de statues, pas de vitraux, pas de peintures, presque aucune forme d'art religieux car pour les protestants l'essentiel est à l'intérieur de l'homme. Le dépouillement des lieux invite l'homme à chercher en lui-même la communion avec Dieu.

Qu’est-ce que l’Oratoire a de particulier ?

L'Oratoire est un temple protestant depuis 1811 (décret de Napoléon Ier ). Peu à peu, l’Oratoire est devenu un temple protestant caractéristique, même s’il reste les signes visibles de la chapelle royale des oratoriens, et même si chaque paroisse a une personnalité et une histoire propre, les hommes et les femmes qui s’y sont investis ont laissés dans l’aménagement les traces de leur sensibilités théologiques et artistiques personnelles.

La visite de l’intérieur de l’Oratoire du Louvre

Cette visite vous permettra :

  • de découvrir un temple protestant et de comprendre le sens de chaque élément particulier,
  • d’apercevoir quelques traces actuelles de la chapelle royale des Oratoriens.

Cette page concerne l’intérieur de l’Oratoire du Louvre au XXIe siècle.
Ces autres pages vous permettront de :

 

 

Architecture Architecture Architecture Architecture

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Architecture

L’Oratoire du Louvre est construit à l’époque baroque. Mais le baroque français n’a pas grand chose à voir avec le baroque spectaculaire que l’on peut admirer en Italie ou en Allemagne, par exemple. A cette époque apparaît le classicisme qui prend pour modèle l’art antique et qui privilégie l’équilibre, la raison, l’harmonie entre la forme et le fond (ce que l’on veut dire, ce que l’architecte veut mettre en valeur). Le classicisme est ainsi d’une certaine façon aux antipodes du baroque italien qui s’exprime par la passion, l’émotion plus que par une démonstration.

Comme la plupart des églises, l’Oratoire a un plan en forme de croix, avec une nef, un transept et un chœur :

plan en croix

plan en forme de croix

transept

plus un chevet (chapelle elliptique voûtée)

 

nef

Nef (du point de vue de l’architecture)

transept

Transept (du point de vue de l’architecture)

chœur

Le chœur et son abside (partie arrondie)

Le chœur était autrefois réservé au clergé et les laïcs n’y avaient en général pas accès. Selon la théologie protestante, tout chrétien est prêtre, et le chœur est une autre nef, dans l’un comme dans l’autre sont installées les chaises accueillant les fidèles.

Et le plan est centré sur la chaire et la Bible, déplaçant la position de la croisée du tansept du point de vue de l’usage un peu en avant, formant un espace libre pour circuler où se trouvent donc la chaire, la Bible, la table de communion et le baptistère. Le chœur est ainsi réduit à l’abside, et il resté surélevé d’une haute marche.

nef

Nef, du point de vue de l’usage actuel

transept

Centre avec la chaire et le banc

chœur

Chœur, du point de vue de l’usage et de notre dénomination courante

Avec des espaces de convivialité et de discussion :

nef

Tambour d’entrée

transept

Accueil

chœur

Grande Sacristie

Pilastre

Pilier rectangulaire en saillie sur un mur. Il est surmonté d’un chapiteau qui soutient la corniche.

chapiteau dans l’Oratoire  

Chapiteau

Le chapiteau est composé d’une astragale (1), d’une corbeille (2) et d’un tailloir (3)

La corbeille est ici composite, mêlant deux éléments :

  • de volutes (a), comme des cheveux bouclés, ce décor est traditionnel dans l’architecture grecque, il est appelé ionique,
  • de feuilles d’acanthe (b), ce décor est traditionnel également, il est appelé corinthien,

Ce qui fait des chapiteaux de l’Oratoire des chapiteaux composites.

Voûte

voûte de l’OratoireLa voûte (1) est un plafond en pierre. A l’Oratoire, la voûte est en berceau à lunettes; elle est la première de cette ampleur construite à Paris :

  • en berceau, par sa forme cylindrique, et à lunettes pour laisser passer la lumière des clairs vitraux.
  • elle est rythmée de doubleaux décorés.

La voûte du typan est en cul-de-four (2), la voûte s’y termine en une demi-coupole (quart de sphère). La clef de voûte est ornée de la devise des Oratoriens "Jésus Marie".

À la croisée du transept, la voûte est percée d’un oculus (3) dans lequel a été mise à la fin du XIXe siècle une colombe monumentale.

Tribunes

Des tribunes ont été aménagées à l’étage, bordées de balustrades, les grandes tribunes qui sont dans le transept (1) et de petites tribunes hautes dont celle qui aurait été choisie par la famille royale (2) avec un accès direct depuis le palais du Louvre. Ces tribunes hautes sont d’origine, contrairement aux tribunes basses (3) qui ont été construites en bois en entresolant les chapelles.

tribunes de l’Oratoire

 

 

Le vide et la Bible Le vide et la Bible Le vide et la Bible Le vide et la Bible Le vide et la Bible Le vide et la Bible Le vide et la Bible Le vide et la Bible Le vide et la Bible

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Le vide et la Bible

Une grande Bible ancienne est disposée de manière très visible sur la table de communion.

Elle n'est pas au centre du temple, mais elle sur le côté, face au centre.

Qu'y a-t-il au centre de l'Oratoire du Louvre ? Rien. Il y a un vide central, et même un vide “sacré”, qui rassemble ainsi tous les regards de l'assemblée des fidèles. C'est typique de l'architecture d'un temple protestant. C'est comme une illustration de cette parole de Jésus "Le Royaume de Dieu est au dedans de vous, au milieu de vous" (Luc 17:21). Et cette autre promesse du Christ : "Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux." (Matthieu 18:20).

Ce vide sacré qui est au centre d'un temple protestant est significatif du point peut-être le plus essentiel de la façon protestante d'être chrétien : la place centrale de la relation personnelle directe avec Dieu (appelé dans le jargon "le sacerdoce universel"). C'est ce qui autorise chacun à lire la Bible par lui-même, pour l'interpéter librement, grâce au "témoignage intérieur du Saint Esprit" : Dieu vennat inspirer directement la conscience du fidèle. C'est pourquoi le centre, le point le plus important d'un temple protestant, est ce vide sacré. Une colombe, symbolisant le Saint Esprit, a été précisément installée au XIXe siècle à la verticale de ce vide, en rappelant la signification.

La Bible est placée sur le côté, face à ce vide sacré. La chaire qui est le lieu de la prédication est disposée au-dessus de cette Bible. Cette disposition tout à fait typique d’un temple protestant réformé est le reflet de la place importante que l’interprétation de la Bible a dans la vie des Protestants.

La lecture de la Bible n’est pas une lecture dogmatique, dirigée ou encadrée par l’église, mais elle est pour chacun une recherche privilégiée de réflexion personnelle et de foi. Le culte du dimanche est en grande partie la lecture de la Bible et une méditation faite par le pasteur pour le but de renforcer le questionnement et la prière de chacun en son for intérieur.

Théoriquement, dans un temple protestant, il n’y a comme seule décoration que la Bible et des paroles de la Bible (comme le verset peint dans le chœur). Mais chaque église a son histoire et sa personnalité, une sculpture de colombe a été mise en clef de voûte dans le transept. Cette colombe est un symbole biblique de l’Esprit-Saint, qui Dieu offre à chaque humain, faisant de lui un prophète, selon la Bible (Actes 2:17-18). Cette colombe complète donc bien la Bible, puisque c’est le « témoignage intérieur du Saint Esprit Â» en chacun qui permet de trouver dans la lecture de la Bible un éclairage pour notre propre cheminement.

Pour en savoir plus

 

 

La disposition des chaises La disposition des chaises La disposition des chaises

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

La disposition des chaises

Les chaises révèlent le but du lieu : une communauté de personnes assemblées

Les chaises accueillant les personnes qui participent au culte sont disposées comme en cercle autour d'un centre vide (évoquant la présence de Dieu en Christ). C’est ainsi que chaque personne de l’assemblée peut voir le visage d’autres personnes de l’assemblée.

Cela a plusieurs objectifs:

  • Il y a là un symbole : l’assemblée est ainsi centrée cet espace vide qui symbolise la présence invisible de Dieu, dont l'amour nous précède et nous rassemble en un corps. En effet, ce qui rassemble les protestants est plus une démarche qu’un ensemble de doctrine. Cette démarche est une démarche de foi, de relation directe avec Dieu. C'est pourquoi les protestants étaient appelés autrefois "les tutoyeurs de Dieu", en confiance. La Bible ouverte montre qu'il n'y a pas de dosctrine cachée, et que nous nous rassemblons pour lire et interpréter librement ces textes, qu'il y aura donc sans doute une diversité d'interprétations, et que cela est une richesse, dans le respect des autres. La disposition en cercle rend bien compte à la fois de cette démarche de foi et de réflexion biblique, et de l’importance des autres personnes.
  • Il y a également une raison pratique : cette disposition des chaises diminue la distance entre la chaire et l’auditoire. À une époque où il n’y avait pas de sonorisation, cela permettait à un maximum de personne de bien saisir la prédication donnée par le pasteur dans la chaire, chacun se faisant ensuite sa propre opinion, ce qui donne des débats parfois animés à la sortie du culte, mais aussi pendant le repas du dimanche et pendant toute la semaine…

Cette disposition facilite également le chant de l’assemblée, ce qui est une dimension importante du culte.

Quand l’Oratoire est devenu un lieu de culte protestant en 1811, les chapelles latérales qui étaient utilisées comme tombeaux pour de riches familles ont été aménagées pour asseoir des fidèles sur deux niveaux (un petit escalier en bois menant à la tribune).

Mais dans le protestantisme, le temple n’est pas un lieu sacré, c’est un lieu de rassemblement, de débat, d’ouverture. C’est ainsi qu’il n’y a pas d’attitude particulière à avoir dans le temple, on peut parler à voix haute, il n’y a pas d’endroit sacré. Selon la théologie protestante, l’ouverture au monde est une forme de liturgie, d’autres activités tout à fait profanes peuvent se tenir dans le temple comme des concerts, des conférences, des expositions, ou des pièces de théâtre. Les chaises sont alors en général disposées différemment, le chœur de l’église étant libéré pour les musiciens, pour les conférenciers ou pour les acteurs, les chaises du chœur étant alors disposées dans le transept.

 

 

 

La chaire La chaire La chaire La chaire

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

La chaire

La chaire est d’époque, mais tous les bas-reliefs qui l’ornaient autrefois ont été détruits lors du saccage de l’Oratoire par les révolutionnaires et 1793.

La chaire est utilisée par le prédicateur au cours du culte (chaque dimanche et pour les fêtes chrétiennes de Noël, Pâques, Ascension et Pentecôte) La disposition de la chaire au centre de l’assemblée et sa hauteur ont un intérêt pratique mais aussi symbolique.

  • Du point de vue pratique, la disposition en hauteur permet aux fidèles de bien entendre et voir le prédicateur. Avant l’installation d’une sonorisation la place de la chaire et l’abat-voix qui le couronne étaient particulièrement indispensables. À l’époque, le prédicateur devait s’adresser au clou fiché dans la paroi face à lui, faute de quoi il n’aurait pas été entendu de la moitié de l’auditoire, et l’ampleur de la nef lui imposait non seulement de fortement élever la voix, mais encore, ce qui est toujours un peu le cas, de modérer le rythme de son élocution pour éviter que ses paroles soient brouillées sous l’effet des réverbérations acoustiques.
  • Mais la place centrale et la hauteur de la chaire ont aussi une importance symbolique, révélant la prééminence de la prédication, et donc de l’interprétation de la Bible pour les protestants. Cette tendance est même particulièrement vive pour les protestants d’inspiration calviniste, qui veulent attacher plus de poids à cette dimension qu’à celle des sacrements. C’est pourquoi, même dans les temples protestants bien plus petits que l’Oratoire, la chaire a une position centrale et élevée dans les églises réformées (ou presbytériennes, c’est à dire historiquement rattachées à la pensée de Calvin).

À l’ampleur de la chaire correspond la durée de la prédication. Aujourd’hui, l’habitude veut qu’en l’Oratoire les pasteurs consacrent à cette partie du culte entre vingt minutes et une demi-heure. Voilà cent ans, on aurait jugé qu’ils se seraient contentés de fort peu : les grands prédicateurs de l’époque n’hésitaient pas à se lancer dans des sermons pouvant aller parfois jusqu’à une heure et demie, et les fidèles se pressaient pour les écouter. Dans les premiers temples protestants, par exemple dans le temple de Charenton qui était le seul temple autorisé pour les parisiens par l’Édit de Nantes, il y avait un sablier pour mesurer la durée du sermon et inviter les pasteurs à ne pas exagérer non plus avec d’interminables prêches!

Les auditoires actuels ne supporteraient vraisemblablement pas un retour à ces habitudes d’hier. Mais l’exigence de base demeure : la lecture de la Bible et la prédication sont le moment central du culte protestant et la majeure partie du culte. Les autres éléments du culte, prières, chants, sacrements, ont aussi leur raison d’être, mais sans éclipser jamais cette nécessaire actualisation du message biblique. Le protestantisme n’est en effet pas à proprement parler une religion du livre, mais une religion de la parole vive, reprise aujourd’hui en écho à celle qui a été si fortement dite et proclamée au temps des prophètes, du Christ et des apôtres. La prédication du pasteur (ou, parfois, d’un membre laïc) n’a pas pour objectif de donner des doctrines que les fidèles devraient croire, mais la prédication a pour objectif de stimuler le questionnement de chacun, dans la confiance que chacun peut avoir dans la bienveillance de Dieu.

L’importance de la prédication a été reprise par la contre-réforme du cardinal de Bérulle. Cette orientation est restée vive tout au long des XVIIe et XVIIIe siècles avec des prédicateurs immenses comme Massillon, Malebranche ou Bossuet. La chaire était à l’origine placée entre la 1ère et la 2""’ chapelle à droite du chœur, la chaire fut placée à l’endroit actuel en 1748 après l’agrandissement de l’édifice. Les bas-reliefs qui ornaient la chaire ont été détruits lors du saccage par les révolutionnaires en 1793.

Pour en savoir plus :

 

 

La table de communion La table de communion La table de communion La table de communion La table de communion La table de communion La table de communion La table de communion La table de communion

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Table de communion

Dans un premier temps, les Protestants n’ont pas installé de table de communion à demeure dans l’Oratoire qui venait de leur être attribué. Quand la Communion était célébrée au cours du culte, c’est à dire quatre fois l’an, une table était dressée au centre, avec deux tréteaux, une planche, une nappe blanche sur laquelle étaient disposés les plats et les coupes.

Par conséquent, la plupart de temps il n’y avait ni autel ni table dans l’Oratoire. En 1889, le pasteur Auguste Decoppet (1836-1906) a demandé « le déplacement de la chaire du lecteur et son remplacement par une table de communion Â». Cette table, plutôt massive, est encore installée à demeure au pieds de la chaire.

Elle est décorée de versets bibliques et d’un chrisme (monogramme du Christ, formé des deux premières lettres de son nom en grec (chi et rho, qui ressemblent à un X et P latins) ainsi que de l’alpha et de l’omega.

De toute façon, la table de communion dans un temple protestant est normalement en bois, ce qui écarte toute confusion avec la symbolique d’un autel. La communion n’est pas un sacrifice, c’est un repas auquel le Christ invite chacun.

Cette table repose à même le sol, au niveau des fidèles, et non surélevé. C’est un symbole important pour dire que la communion n’est pas d’abord une affaire de pasteurs mais celle de l’assemblée des fidèles, cette communion évoque la présence de Dieu en Christ auprès des hommes et des femmes, même des pécheurs, pour leur offrir la vie. Dans la même logique, le moment le plus important de la Communion (ou Sainte-Cène) protestante est quand les fidèles communient effectivement, prenant le pain et le vin. C’est alors que la communauté devient corps du Christ, par la grâce de Dieu signifiée par le pain et le vin offerts à tous, et par la foi de celui qui tend la main pour prendre ce pain et/ou cette coupe.

En cohérence avec cette conception, toute personne peut participer à la communion si elle le désire, quelle que soit son appartenance à telle ou telle église et même si elle n’a aucune église, même si cette personne n’a pas été baptisée, même si cette personne était la plus pécheresse.

Un plat contenant du pain et une coupe contenant du vin circulent parmi les fidèles qui se tiennent en cercle autour de la table. Le pain et le vin qui sont offerts évoquent le don de Dieu en la personne du Christ afin de rappeler très concrètement le dernier repas de Jésus avec ses disciples et accentuer  ainsi l’aspect de fraternité qui doit caractériser la célébration protestante de la cène. Les fidèles sont invités à communier en petits groupes (tablées) de quelques dizaines de personnes autour de la table, et non en un large cercle de centaines de personnes comme cela se fait maintenant dans d’autres paroisses protestantes, ni individuellement en défilant devant une personne qui distribuerait les espèces.

La Cène est célébrée à l’Oratoire une fois par mois. Dans les églises réformées, elle n’était célébrée en général que quatre fois par an. Pourquoi ne pas la célébrer plus souvent ? C’est afin de ne pas trop insister sur ce geste religieux afin de bien mettre en valeur la lecture et l’interprétation personnelle de la Bible comme étant l’essentiel, essentiel où chacun peut se nourrir chaque jour s’il veut, en relation avec ce qu’il vit personnellement.

Quand la cène n’est pas célébrée, la Bible ouverte est disposée sur la table de communion à la place des plats et des coupes. C’est en quelque sorte un renvoi visuel à la réponse de Jésus tenté dans le désert : « L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu Â» (Matthieu 4:4), à cette nuance près que, dans la théologie protestante réformée le texte de la Bible n’est pas à proprement parler « Parole de Dieu Â» mais un recueil de témoignages sur cette Parole.

Pour en savoir plus :

 

 

Le baptistère Le baptistère Le baptistère Le baptistère

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Les fonds baptismaux (appelés parfois « Le baptistère Â»)

La présence de fonts baptismaux n’était pas vraiment dans les habitudes des protestants réformés à l’origine, Une aiguière (carafe en métal) ou une coupe étaient utilisées pour verser quelques goutes d’eau sur la tête du baptisé (enfant ou adulte). Le « baptistère Â»  de l’Oratoire date de 1889 et a été fabriqué en même temps que la table de communion.

colombe sur le baptistèreLe baptistère est décoré de colombes (symbole biblique évoquant l’Esprit-Saint, c’est-à-dire la présence créatrice de Dieu). En effet, selon les évangiles, le véritable baptême est un baptême d’Esprit, une présence de Dieu en chacun. Par rapport à ce baptême du Christ, le baptême fait dans l’église est un peu comme la colombe gravée en bois: ce n’est qu’une image de la présence de Dieu.

À l’Oratoire, le baptistère est au centre de l’église. Il pourrait être à la porte, cela insisterait sur le sens du baptême comme entrée dans la communauté chrétienne, mais dans l’église protestante les baptêmes sont faits au centre de l’église, au milieu de la communauté pour dire que le baptême est d’abord un signe de la "grâce de Dieu", qui est centrale dans la théologie protestante (la grâce = l’amour gratuit de Dieu pour la personne individuelle).

Le baptistère est ainsi dans la proximité immédiate de la Bible, de la chaire et de la table de communion. Cela marque l’unité de ces trois gestes que sont la lecture de la Bible, la Communin et le baptême. Comme l’Évangile est la bonne nouvelle du salut que Dieu donne en Jésus-Christ, la communion et le baptême sont pour les protestants les deux sacrements, c’est à dire des signes visible de cette même grâce universelle. Le pain et le vin de la communion, l’eau du baptême sont comme une prédication disant ce salut de façon personnelle et sensible, afin d’aider l’homme à le saisir et à en vivre.

Mais ni le baptême ni la Cène ne donnent à proprement parler le salut, comme si ces gestes étaient des actes magiques que Dieu attendrait pour accorder son salut. Mais ce sont plutôt des gestes montrant aux personnes et à leur entourage qu’ils sont bel et bien au bénéfice de la grâce de Dieu, qu’ils ont part à son « alliance Â», qu’ils ont « leur place dans la communauté chrétienne et que cette place y resterait toujours marquée même s’ils venaient à s’en éloigner Â» comme il est dit lors du baptême.

L’ancienne tradition réformée voulait que les baptêmes soient administrés en présence de la communauté, donc au cours d’un culte dominical. Mais depuis l’origine de l’Oratoire, les usages ont été plus souples, les baptêmes se faisant souvent dans des cultes familiaux, voire au domicile des intéressés. Cela répond à un désir de tenir compte le mieux possible des particularités de chaque famille.

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Les orgues Les orgues Les orgues Les orgues Les orgues

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Orgue

L’orgue (ou les orgues, les deux se disent) permet de développer la participation des fidèles par le chant de l’assemblée lors des cultes. C’est sa première fonction. L’orgue permet également de ménager des temps de méditation personnelle après la lecture de la Bible et après la prédication. Un temps de silence pourrait remplir la même fonction, mais les organistes, avec ce talent qui les rend capables d’improviser ou de choisir une pièce en fonction des circonstances de l’instant, ont un ministère important qui complète celui de la parole.

L’orgue actuel a été inauguré en 1962, il  comprend 67 jeux répartis sur trois claviers et pédalier. De manière à dégager totalement la tribune pour y placer la chorale, la tuyauterie du 2° clavier a été disposée dans deux « loggias Â», de part et d’autre de la tribune. La traction est électropneumatique. L’esthétique néoclassique fait forte impression sur les visiteurs de l’Oratoire, avec cette forêt de tuyaux immenses dont la silhouette n’est alourdie par nulle boiserie.

Cet instrument a été conçu pour accompagner le culte, il permet également à l’organiste de jouer la musique d’orgue de toutes les époques, y compris la musique contemporaine.

Un orgue est une machine extrêmement complexe, qui comprend des milliers de tuyaux, de pièces mobiles et de contacteurs… qui demandent un entretien important. C’est ainsi que tout doit être démonté pour une révision complète à chaque génération, et parfois pour une transformation plus importante. C’est ainsi que l’orgue de l’Oratoire a connu bien des transformations depuis le premier orgue installé à Saint Louis du Louvre jusqu’à l’orgue Gonzalez actuel.

Pour en savoir plus

 

 

Le banc des conseillers Le banc des conseillers Le banc des conseillers Le banc des conseillers

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Banc des conseillers

Cette partie du temple de l’Oratoire est réservée aux conseillers presbytéraux et aux diacres. Ainsi, ils peuvent être reconnus par toute l’assemblée des fidèles au cours des cultes.

  • Les conseillers presbytéraux sont les responsables de la bonne marche de la paroisse pour le présent et pour l’avenir. Ils ne sont pas seuls puisqu’une assemblée générale est l’occasion de faire le point au moins une fois par an avec toutes les personnes qui ont choisi d’être membre électeur de l’Oratoire (ce qui n’est pas obligatoire pour être paroissien). En particulier le conseil presbytéral choisi ses pasteurs et décide quand il désire renouveler l’équipe. Le Conseil choisit ses délégués au synode régional (Voir cette page sur l’organisation démocratique de l’Eglise Réformée : http://oratoiredulouvre.fr/eglise-reformee-de-france.html#3)
  • Les diacres (Conseillers de l’Entraide) s’occupent de l’action sociale dans une paroisse : visite aux malades, aux personnes isolées, aide aux plus démunis... Ils s’occupent également de la collecte durant les cultes et sont aussi chargés d’aider le pasteur lors la Sainte Cène.

Ces conseils sont ainsi le « gouvernement Â» de la paroisse. Dans ce sens, le banc des conseillers tient la place qu’occupe la cathèdre de l’évêque dans une cathédrale.

Les pasteurs sont membre de droit du Conseil Presbytéral et du Conseil de l’Entraide. Ils ne sont pas les chefs mais plutôt les serviteurs, et même les employés de la paroisse, selon un cahier des charges qui est fixé par le Conseil Presbytéral et qui veille à son exécution. Cependant le pasteur a une grande liberté pour sa prédication et les enseignements qu’il dispense. Cette liberté est particulièrement importante à l’Oratoire qui s’inscrit dans une sensibilité protestante libérale ou progressiste.

Le pasteur de service monte dans la chaire pour présider le culte, le ou les pasteurs qui ne sont pas en services s’asseyent dans le banc avec les autres conseillers. S’il y a un service de Communion, les pasteurs se retrouvent derrière la table de façon collégiale pour ce moment.

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Porte et tambour d'entrée Porte et tambour d'entrée Porte et tambour d'entrée

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Porte

La grande porte de l’Oratoire donnant sur la rue Saint Honoré date de 1745, une partie de ses décors a été détruite lors du saccage révolutionnaire en 1793, mais il reste un magnifique imposte qui a été redécouvert en 2011 lors de la restauration de la façade (voir la description de l’extérieur de l’Oratoire).

À l’intérieur, cette grande porte est doublée d’un tambour en bois sculpté qui provient de l’église Saint Louis du Louvre. Les initiales S. L. se trouvent encore sur les ferronneries. Cette belle boiserie a été transférée dans l’Oratoire quand Napoléon 1er a permis aux protestants d’emménager à l’Oratoire pour quitter l’église Saint Louis du Louvre qui allait être démolie. Ce tambour a été placé devant la grande porte de la rue Saint Honoré au XIXe siècle afin d’étouffer les bruits de la rue et faciliter ainsi l’écoute lors du culte. Les rues étaient en effet bien plus bruyantes au XIXe que maintenant, les roues cerclées de fer faisant un bruit terrible sur les pavés de Paris, sans compter les cris des marchands ambulants. A l’époque, la rue de Rivoli n’existait pas encore, et la rue Saint-Honoré était très passante.

La porte d’un temple protestant est fermée la plupart du temps. C’est principalement pour une raison théologique, signifiant que le monument n’est pas l’essentiel. C’est Dieu seul qui est sacré, et que le « le temple de l’Esprit-Saint Â» est la personne humaine, comme le dit l’apôtre Paul (1 Cor. 3:16). L’Oratoire n’est donc pas un lieu saint, Dieu n’habite ni plus ni moins là qu’ailleurs, toute place sur terre est également sainte. Où chercher Dieu ? Il est donc à chercher en soi-même et dans le dialogue avec les autres.

Un temple protestant est ouvert quand il y a un culte, en particulier pour le culte du dimanche matin mais aussi quand un culte est organisé pour des obsèques, un mariage ou un baptême… L’Oratoire est également ouvert pour des manifestations culturelles, en effet, la théologie protestante invite à une ouverture au monde, en conséquence, des concerts, des conférences et des expositions sont accueillis. L’Oratoire est également ouvert pour des visites permettant de faire découvrir ce patrimoine à quiconque le désire.

Le reste du temps, les portes sont fermées, alors que des personnes aimeraient entrer pour prier un moment dans la solitude de ce beau lieu invitant à la prière... Cela traduit la forte volonté qu’a l’église protestante de ne pas prendre trop de place, de ne pas se placer en intermédiaire entre Dieu et la personne. D’où cet volonté de l’église de s’effacer en signifiant par tous les moyens que l’essentiel de la pratique religieuse est la pratique personnelle du croyant qui pense à Dieu, qui lit sa Bible et l’interprète librement, qui prie Dieu dans l’intimité. La pratique de l’Église est importante, mais elle est un exercice d’entraînement, une occasion de confronter dans l’écoute et le dialogue ce que l’on pense et de s’ouvrir à de nouvelles questions.

Cette fermeture habituelle des portes est cohérente avec le fait qu’il y ait peu de décorations dans un temple protestant (un peu comme dans la tradition cistercienne fondée par Saint Bernard), et dans le fait que la Communion n’est pas célébrée très souvent.

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Les chapelles latérales Les chapelles latérales Les chapelles latérales Les chapelles latérales

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Chapelles

Les chapelles latérales ont été aménagées en deux étages pour asseoir le maximum de monde possible. En effet, au début du XIXe siècle, la petite église Sainte Marie (rue Saint Antoine) et l’Oratoire du Louvre étaient les 2 seuls temples pour les protestants réformés à Paris, le nombre de personnes participant au culte s’élevait parfois à plusieurs milliers de personnes. Contrairement à d’autres confessions chrétiennes de l’époque, les protestants participent au culte assis pour une meilleure écoute, ne se levant que pour le chant et pour la prière du « Notre Père Â».

Cet aménagement de tribunes est assez typique des temples protestants, il en était ainsi par exemple au grand temple de Charenton, ou au temple de Lyon avant leur démolition au XVIIe siècle par le pouvoir royal. Ces tribunes étaient souvent préférées par les dames et les familles, sans que cela ait jamais été obligatoire de séparer femmes et hommes dans les temples protestants.

Ces chapelles latérales de l’Oreatoire étaient à l’origine des lieux de dévotion dédiés à la mémoire d’une grande famille, des messes en faveur des défunts y étaient dites. Cette pratique n’est pas du tout dans la théologie protestante, l’amour gratuit de Dieu pour chaque personne ne pouvant être encore augmenté par quoi ou qui que ce soit, ni diminué d’ailleurs. Selon la théologie protestante, l’Oratoire est une salle de réunion pour interpréter la Bible et pour chanter à Dieu ensemble.

 

 

Les stalles Les stalles Les stalles Les stalles

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Les stalles

Les stalles sont les rangées de fauteuils en bois, liés les uns aux autres dans l’arrondi du chœur de l’Oratoire. Ils étaient destinés aux religieux, moines ou chanoines catholiques, pour chanter ou psalmodier l’office. Afin de soulager un peu les longues parties de cet office devant être chantées debout, les stalles ont une astuce permettant d’être un peu assis tout en ayant l’air debout : l’assise de chaque fauteuil peut se relever, un petit appui apparaît alors qui s’appelle une miséricorde, et qui permet de se tenir debout avec moins de fatigue.

Les stalles de l’Oratoire proviennent de l’’église Saint?Louis du Louvre, premier lieu où les protestants ont pu tenir leur culte quand ce droit leur fut enfin accordé par la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

 

 

Le verset peint Le verset peint Le verset peint

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Verset peint

Théoriquement, dans un temple protestant, il n’y a comme seule décoration que la Bible et des paroles de la Bible. Chaque paroisse protestante choisit un ou des versets qui lui semblent les plus essentiels et qui sont peints sur les murs intérieurs du temple. Dans bien des temples deux passages bibliques sont souvent peints également (mais ce n’est pas le cas à l’Oratoire) : le décalogue de Moïse conclu par le résumé qu’en donne Jésus-Christ, et la prière qu’a laissée Jésus (le Notre Père).

À l’Oratoire, le verset qui a été choisi comme devise en 1900 a été peint dans le chœur, sur le tympan au dessus de la porte qui mène à la grande sacristie : « Le don de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur Â» (verset tiré de la lettre de l’apôtre Paul aux Romains 6:23).

Un autre verset a été également peint dans la grande sacristie. Ce verset étonne un peu aujourd’hui mais il est révélateur du souvenir encore vif des persécutions subies par les protestants en France : « Jusqu’ici l’Eternel nous a secourus. Â» (tiré du 1er livre de Samuel 7:12, dans un passage célébrant la victoire des hébreux contre de féroces ennemis plus puissants qu’eux à vues humaines).

Cette quasi-absence de décoration dans un temple protestant est volontaire. C’est une façon pédagogique de discrétion de l’église visible pour mettre en valeur la dimension intérieure de la présence de Dieu, c’est vous qui êtes le vrai temple de l’Esprit, c’est votre corps, rappelle l’apôtre Paul (1Cor. 3:16, 6:19).

La simplicité de la décoration de l’Oratoire est typique d’un temple protestant. En réalité, c’est une chance car ce ne sont pas les Protestants qui ont dépouillé l’église des somptueux décors qui existaient au XVIIIe siècle. C’est en 1793 que des révolutionnaires saccagèrent et pillèrent l’Oratoire. Bien des œuvres ont été vendues, d’autres détruites (peintures, sculptures, vitraux). C’est vrai qu’au XVIe siècle des protestants ont été les auteurs de saccages de décorations dans des églises catholiques mais au XIXe siècle cela n’aurait pas été fait, c’est ainsi que le plafond de la chapelle est resté en l’état quand les protestants ont aménagé en 1811, et que le nom d’Oratoire a été conservé.

 

 

La croix La croix La croix La croix La croix

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Croix

Dans des églises protestantes de sensibilité luthérienne ou anglicane, il a toujours semblé normal de voir des croix. Mais dans une église de culture calviniste il n’y a pas d’autre décoration dans un temple que la belle simplicité des murs nus, une grande Bible exposée, et des versets bibliques. Il n’y a donc jamais eu de croix dans un temple protestant réformé jusqu’au XXe siècle. C’est après la première guerre mondiale que les protestants ont commencé à mettre des croix dans les temples. Peut-être parce que cette guerre a été une telle horreur que les protestants se sont rappelé les souffrances du Christ sur la croix, et son espérance qu’au delà de la mort et de la souffrance, chaque personne est promise à la vie. C’est pourquoi les croix qui sont entrées ainsi dans les églises protestantes ne représentent pas Jésus-Christ souffrant et mourant, ce sont de simples croix nues, évoquant par l’absence du corps crucifié l’échec de la mort, et la victoire de la vie que donne Dieu en Christ.

C’est en 1930 que le pasteur Wilfred Monod inspire au Conseil Presbytéral l’idée de mettre cette croix dans l’Oratoire. Elle rappelle la croix qui était à l’extérieur sur le fronton de l’Oratoire rue Saint-Honoré, croix qui avait été démolie par les révolutionnaires en 1793, et rétablie vers 1850 lors des travaux de restauration de cette façade.

Pour en savoir plus :

 

 

La colombe La colombe La colombe La colombe

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Colombe

Théoriquement, il n’y a pas d’autre décoration dans un temple protestant que la belle simplicité des murs nus, une grande Bible exposée et des versets bibliques. Néanmoins, une colombe monumentale a été installée sur la voûte de l’Oratoire, à la croisée du transept en 1899. Cette sculpture en plâtre peint et doré a été offerte par le baron Arthur de Schickler, secrétaire du Conseil presbytéral.

La colombe est un symbole biblique très connu. Les évangiles racontent qu’au baptême de Jésus par Jean-Baptiste : « Le Saint-Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix fit entendre du ciel ces paroles: Tu es mon Fils bien-aimé; en toi j’ai mis toute mon affection. Â» (Évangile selon Luc 3:22). La colombe est ainsi le symbole de l’Esprit de Dieu, Esprit qui est comme la présence vivifiante et créatrice de Dieu.

En effet, dans la théologie protestante, l’Esprit est promis à chaque chaque homme, chaque femme, du plus cultivé au plus simple, faisant de lui un prophète et un prêtre, digne d'être en relation personnelle directe avec Dieu, sans intermédiaire. Appelé aussi à lire lui-même l’Écriture, et à l’interpréter avec l’aide du Saint-Esprit .

Cette colombe complète bien l'espace vide qui est au cœur d'un temple protestant, vide symbolisant la présence invisible de Dieu qui nous rassemble et qui nous aide à interpréter la Bible pour y chercher une parole de Dieu.

Pour en savoir plus :

 

 

La devise des Oratoriens La devise des Oratoriens

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Devise des oratoriens

L’inscription « JESUS MARIA Â» ornant la voûte de l’abside est l’emblème de la Congrégation de l’Oratoire, choisie par le futur cardinal Pierre de Bérulle. Les protestants n’ont donc pas choisi de mettre cette devise comme clef de voûte de l’édifice. Mais il est bien entendu impensable de détruire cette inscription par respect pour les Oratoriens, d’abord, mais aussi parce que ces deux noms évoquent deux personnes majeures pour tout chrétien.

Le nom de Jésus convient parfaitement bien à toute confession chrétienne, bien entendu, puisque tous les chrétiens désirent être disciples de ce Jésus, reconnu comme Christ (le Sauveur  ultime). Le nom de Marie peut étonner puisque bien des personnes pensent que les protestants « ne croient pas en la vierge Marie Â», ce qui n’est pas exact. Marie, mère de Jésus est objectivement un des personnages majeurs dans les évangiles. Les protestants s’intéressent donc à Marie. Mais ils ne la prient pas, ils ne prient d’ailleurs aucun saint, mais Dieu seul. Pour les protestants, Marie est ce que les évangiles disent d’elle. C’est sans doute les meilleurs témoignages que l’on puisse avoir sur elle, les plus anciens, et ils sont reconnus par toutes les églises :

  • Marie est la mère de Jésus, ce qui n’est pas rien !
  • Elle est une grande croyante, elle est même dans un certain sens la figure même du croyant dans plusieurs des évangiles (de Luc et de Jean). De croyante et de mère, elle devient disciple du Christ et a un rôle important aux côtés de Jésus.

Pour en savoir plus :

 

 

Mémoire des héros Mémoire des héros Mémoire des héros Mémoire des héros Mémoire des héros Mémoire des héros

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Mémoire des héros

Trois éléments dans l’Oratoire font mémoire de personnes qui se sont données pour le service des autres dans ces terribles moments qu’ont été, lors du siècle dernier, les guerres mondiales.

Le premier mémorial est un panneau qui fait toute la surface d’une chapelle latérale, il date de 1919 et garde la mémoire des enfants de l’Oratoire morts pour la France au cours de la 1ère guerre mondiale. Cette toile marouflée a été exécutée par Gustave-Louis Jaulmes en collaboration avec l’architecte Charles Letrosne. L’arcature de la chapelle a été fermée, ménageant une pièce fermée qui servait à l’époque de salle funéraire. La longue liste déroulée sur cet immense panneau peint en lettres d’or montre que de nombreuses familles ont été frappées. Encadrés de drapeaux, de palmes, de guirlandes et de couronnes de laurier la longue liste donne les noms des 142 membres de l’Eglise morts sous les drapeaux pendant la première guerre mondiale. Berger-Levrault, Dollfus, Hollard, Koechlin, Labrousse, Mettetal, Monod, Schlumberger, Silhol, Wagner… Cette énumération reflète les origines alsaciennes, suisses, cévenoles ou normandes de la géographie protestante et l’importance des pertes humaines au cours cette guerre.

Le deuxième souvenir est une plaque en marbre noir remerciant les soldats américains de la 1e guerre mondiale, cette plaque date de 1927 et est située face au monument aux morts de 14-18. Cette plaque a été inaugurée le 18 septembre 1927 lors d’une cérémonie franco-américaine en présence de membres de l’American Legion. Il est inscrit  Â« A la gloire de Dieu et en souvenir reconnaissant des officiers et soldats de l’armée expéditionnaire américaine qui sont morts pour la cause des alliés sur le sol de France Â»

Le troisième élément de mémoire est, lui, un remerciement adressé à l’Oratoire par une société américaine en reconnaissance pour l’engagement des familles de l’Oratoire qui a permis le sauvetage de dizaines d’enfants juifs face à l’extermination nazie. Cette plaque date de 1957 et est placée dans la sacristie des pasteurs.

Pour en savoir plus :

 

 

Musique et cantiques Musique et cantiques Musique et cantiques Musique et cantiques Musique et cantiques Musique et cantiques Musique et cantiques Musique et cantiques Musique et cantiques

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Musique et cantiques protestants

Le culte protestant est centré sur la lecture et l’interprétation de la Bible. Le culte est à part cela composé de quelques prières qui sont comme un appel à prier soi-même. Le chant est une respiration entre ces temps de parole.

Le chant des fidèles a une place importante dans le culte protestant, et cela dès le XVIe siècle avec Luther qui était un grand amateur de musique et même un compositeur inspiré (les cantiques dont il a écrit les paroles et la musique sont assez souvent chantés au cours du culte). Cette place du chant de l’assemblée remonte même aux temps bibliques, comme le montre les psaumes et les évangiles. C’est pourquoi les protestants, qui étaient réticents à utiliser des images comme support pédagogique pour transmettre l’Évangile, ont tout de suite fait une large place dans le culte au chant des fidèles .

Cela n’existait pas avant la Réforme, il a donc fallu inventer la notion de cantique, ce sont des chants dans la langue courante du peuple (en français, donc, ici et non en latin), chantés à l’unisson par les fidèles.

  • Pour ce qui est des mélodies, certaines ont été composées spécialement mais un bon nombre d’entre elles reprenaient des chansons de variétés connues du peuple au XVIe siècle en France ou à Genève, quelques mélodies viennent du chant grégorien.
  • Pour ce qui est des paroles de ces cantiques réformés, la plupart sont tirés des psaumes, assez librement traduits et mis en vers par Théodore de Bèze et Clément Marot au XVIe siècle. Ces paroles ont été ensuite régulièrement révisées pour suivre l’évolution de la langue. Quelques cantiques ont été aussi écrits sur d’autres textes bibliques que les Psaumes (le cantique de Siméon, le Magnificat, le Décalogue, le Notre Père).

Une autre partie de notre répertoire est formée par une sélection de chorals luthériens, la plupart étant connus dans la version donnée par Jean-Sébastien Bach, déclinée dans ses chorals, cantates et passions.

Une troisième source de cantiques vient du XIXe siècle qui a connu une période de « réveil Â» de l’église protestante assez productive dans ce domaine mais dont les paroles ont étrangement bien plus vieilli que les psaumes qui sont pourtant multimillénaires.

Quatre tableaux disséminés dans l’Oratoire permettent d’afficher les cantiques qui seront chantés lors du culte. Cela permet de ne pas se tromper de numéro de cantique ou de strophes. Cela permet aussi de se réjouir par avance du prochain chant en allant le reconnaître par avance. Les Psaumes sont recherchés dans un livre « Le Psautier Français Â» qui donne les 150 Psaumes mis en musique par la Réforme. Les autres cantiques sont recherchés dans un vieux recueil de cantiques auxquel bien des paroissiens de l’Oratoire sont attachés « Louange et Prière Â».

En plus des cantiques annoncés, des chants rythment le déroulement du culte, ce sont des chants liturgiques qui sont changés selon la période de l’année (temps de l’avent et de Noël, temps de la Passion et de Pâques, temps de la Pentecôte), ces chants ne sont pas indiqués sur la tableau des cantiques mais placés dans un livret au début du Psautier.

L’orgue accompagne et guide le chant des cantiques (voir le chapitre concernant l’orgue).

Pour en savoir plus :

 

 

Restes des décors du XVIIe Restes des décors du XVIIe Restes des décors du XVIIe Restes des décors du XVIIe Restes des décors du XVIIe Restes des décors du XVIIe Restes des décors du XVIIe Restes des décors du XVIIe Restes des décors du XVIIe

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Reste des décors du XVIIe (chapelle peinte, tombeau de Bérulle)

Il ne reste que peu de chose dans l’Oratoire des somptueux décors des XVIIe et XVIIIe siècles, ils ont été détruits et pillés par les révolutionnaires en 1793. Il reste néanmoins deux éléments :

  • L’entourage sculpté du tombeau du Cardinal Pierre de Bérulle, de ce tombeau qui était l’œuvre de Michel Anguier, il ne reste que le buste de Pierre de Bérulle que l’on peut voir dans l’église Saint-Eustache. Mais il reste le tombeau du cœur de Bérulle au musée du Louvre, au département des Sculptures.
  • Dans une seule des 10 chapelles latérales une partie des décors a échappé au saccage et au pillage, il s’agit de la chapelle qui accueillait le tombeau des frères Harlay de Sancy. Le plafond peint représente la conversion de saint-Paul sur le chemin de Damas, entouré d’anges portant les instruments de la Passion.

A ces éléments il faudrait ajouter deux autres éléments qui ont échappé au saccage, mais qui sont à l’extérieur: les fleurs de lys qui se trouvent au sommet des tourelles (qui étaient trop difficile d’accès pour être détruites), et le magnifique imposte sculpté de la grande porte rue Saint Honoré qui avait été masqué auparavant par des planches et qui a été redécouvert lors de la restauration de cette façade en 2011 (voir la description de l’extérieur).

 

 

Les vitraux Les vitraux Les vitraux Les vitraux Les vitraux Les vitraux Les vitraux

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Les vitraux et la légion d’honneur

Les vitraux de l’Oratoire sont clairs, à peine ornés d’un décor coloré sur la bordure.

En effet, avec les oratoriens et plus encore avec les protestants, l’objectif n’est pas seulement de faire connaître les récits bibliques par des images pieuses, mais de porter chacun à la lecture directe des textes bibliques et de les ouvrir à une réflexion personnelle par la prédication.

Les églises de la Contre-Réforme (Réforme catholique) sont d’ailleurs plutôt lumineuses.

A l’origine, ces vitraux étaient décorés de fleurs de lys, bien dignes d’une chapelle royale. Ces ornements ont été déposés en 1791-1792 et mis en dépôt aux petits-Augustins.

Le vitrail qui est actuellement derrière la foret de tuyaux d’orgue a été orné de la croix de la Légion d’honneur, en mémoire de cette distinction conférée en 1811, par Napoléon 1er, aux pasteurs Marron, Rabaut-pommier et Mestrezat, premiers pasteurs de l’Oratoire :

  • Paul-Henry Marron, qui a assuré le culte protestant avant même la liberté de culte en France dans le seul lieu possible alors: dans une ambassade étrangère, puis dans diverses salles quand cela fut permis, à Saint Louis du Louvre puis à l’Oratoire. Marron était un poète apprécié par Napoléon. Il mourut en 1832 emporté par le choléra et fut enterré au cimetière du Père Lachaise.
  • Rabaut-Pommier (ancien pasteur du Désert devenu conventionnel), il était le frère de Rabaut-Saint-Etienne.
  • et Mestrezat (descendant suisse d’un illustre pasteur du temple de Charenton).

Napoléon honore ainsi cette année-là le protestantisme et justifie par ce geste l’attribution de l’Oratoire au culte protestant réformé.

Touchés par ce geste et désirant en faire mémoire, une croix de la légion d’honneur a été insérée en 1814 au centre du vitrail de la façade rue Saint Honoré.

 

 

La grande sacristie La grande sacristie La grande sacristie La grande sacristie La grande sacristie La grande sacristie La grande sacristie

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Grande sacristie

Cette vaste salle communique avec le temple par une porte. Elle sert actuellement pour les moments de convivialité qui sont régulièrement organisés après le culte. C’est également un lieu de mémoire du protestantisme parisien (voir ce chapitre).

Cette salle a été créée en coupant en deux dans la hauteur la fameuse "rotonde de Lemercier", du nom de l’architecte qui a conçu les plans d’origine de l’Oratoire au XVIIe siècle. Cette rotonde servait de chœur aux Oratoriens, l’autel apparaissant depuis l’église baigné de la lumière tombant du haut des grandes fenêtre et de l’oculus de la rotonde (voir la salle haute)

En 1821, cette rotonde a été coupée dans la hauteur par un plancher qui repose sur la corniche pour donner deux salles :

  • celle du rez de chaussée devenant la salle où se réunissait le Conseil Presbytéral, réunissant les délégués élus par les paroissiens et gouvernant l’église. Cette salle a été meublée à cet effet d’une grande table elliptique et d’une bibliothèque contenant les registres des délibérations.
  • La salle du premier a été affectée à l’enseignement de la Bible pour les enfants (école du dimanche). Voir la "salle haute".

 

 

La salle haute La salle haute La salle haute La salle haute La salle haute

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Salle Haute

Cette vaste salle qui se trouve au dessus de la Grande Sacristie est voûtée et ornée de têtes d’angelots. Elle correspond à la partie supérieure du chevet de la rotonde de Lemercier qui servait de chœur aux Oratoriens au XVIIe siècle. Elle est éclairée par de grandes fenêtres qui donnent sur le Louvre. A l’origine, elle était également éclairée par un oculus qui ouvrait la voûte sur les combles eux-mêmes éclairés par une grande fenêtre. La lumière tombait ainsi de façon zénithale sur le grand autel qui se trouvait dans le chevet.

En 1821 ce chevet a été coupé en deux dans la hauteur par un plancher reposant sur la corniche. L’objectif était simplement d’avoir une salle supplémentaire, afin d’assurer l’enseignement biblique des enfants dans de bonnes conditions. Cette salle haute est encore utilisée aujourd’hui pour cela : lors du culte mensuel avec les familles, les enfants de 8 à 10 ans participent au culte dans l’Oratoire pour la première partie du culte, ils sortent avant la prédication, trop longue et trop théologique pour eux, se rendent dans la salle haute ou cette deuxième partie du culte est vécue d’une façon plus adaptée à leur âge, avec également des cantiques accompagnés au piano.

 

 

La sacristie des pasteurs La sacristie des pasteurs La sacristie des pasteurs La sacristie des pasteurs

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Sacristie des pasteurs

La sacristie est la pièce où les pasteurs peuvent se préparer avant d’assurer le culte. Il contient des placards où sont suspendues les robes pastorales. Contrairement à ce qu’indique l’étymologie du nom, cette pièce n’a rien de sacré pour les protestants.

Le sacristain est une personne salariée de l’église pour veiller à ce que tout soit prêt pour le culte, et que tout se passe bien pendant le culte, cette aide est très précieuse pour le pasteur qui peut ainsi se concentrer sur ce qu’il dit sans avoir à penser en même temps à régler les micros et ouvrir les portes à l’heure...

A l’Oratoire, la sacristie était à l’origine derrière le chevet. Dans le réaménagement de l’Oratoire pour le culte protestant, les chapelles qui servaient à des dévotions privées n’avaient plus lieu d’être et deux de ces chapelles ont été transformées en sacristie donnant directement sur la chaire. Cet aménagement a d’ailleurs conduit à construire une cloison en bois en travers des restes du monument funéraire dressé en mémoire du cardinal Pierre de Bérulle, fondateur de l’Oratoire de France.

Quelques minutes avant l’heure du culte, les pasteurs se retrouvent donc dans la sacristie pour revêtir leur robe pastorale et pour un simple temps de prière en commun avec le sacristain. À l’heure du début du culte, un bouton permet de donner le signal à l’organiste et les pasteurs entrent dans le temple par une petite porte qui s’ouvre sur le transept, le pasteur de service monte en chaire tandis que les autres rejoignent les autres membres du Conseil Presbytéral dans le banc des conseillers.

La robe pastorale est une simple robe universitaire, la même que celle des avocats et des professeurs. Il s’agit d’une ample robe noire avec un rabat blanc qui est utilisée aussi bien par les pasteurs homme que femme. Cette robe n’est donc pas un vêtement à proprement parler religieux mais il signifie que celui qui parle a obtenu une maîtrise de théologie protestante. Le pasteur suit un cursus universitaire de 5 ans dans une faculté de théologie (Paris, Montpellier ou Strasbourg en France, ou à l’étranger à Genève, Lausanne Bruxelles ou Rome...). Cette formation porte sur l’apprentissage des langues bibliques (grec et hébreu anciens), l’exégèse (science de l’interprétation des textes) et de l’histoire, de la philosophie, de la sociologie… Le processus de formation se poursuit avec une formation de la pratique pastorale.

Le pasteur n’exerce qu’un des ministères de l’église, au service d’une paroisse: il assure le culte dominical en donnant une place centrale à la prédication. Il assure également d’autres services: mariage, enterrement, baptême, catéchisme des enfants, groupes bibliques et théologiques... Il cherche édifier chacun, ainsi que la communion de l’ensemble des personnes. Ce n’est pas le pasteur qui dirige personnellement l’église, il est seulement un des membres du Conseil Presbytéral constitué par ailleurs de délégués élus par les paroissiens. Le pasteur est payé au SMIC et est logé par la paroisse dans un presbytère.

 

 

Fauteuils des mariés Fauteuils des mariés Fauteuils des mariés Fauteuils des mariés Fauteuils des mariés Fauteuils des mariés

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Fauteuils des mariés

Ces fauteuils sont placés au centre de l’Oratoire, face à la Bible. Souvent, le marié, puis la mariée remontent dans l’allée centrale au son de l’Orgue jusqu’à ces fauteuils. C’est là qu’ils participeront d’abord à un culte comprenant l’annonce de la grâce de Dieu, une louange, des lectures dans la Bible (qu’il sont choisies en rapport avec ce qui les anime). Puis, s’étant levés, ils s’engageront l’un vis à vis de l’autre devant Dieu et au milieu de l’assemblée.

Le mariage chrétien comprend plusieurs dimensions qui se complètent:

  • Il est d’abord un engagement qui se fait dans le secret des coeurs,
  • Il a également une dimension sociale à la Mairie,
  • Et il a enfin une dimension spirituelle et religieuse.

C’est un engagement des époux pour la vie entière à la fidélité dans toutes les dimensions de l’être. Avec la cérémonie religieuse, les époux disent plutôt comment ils veulent vivre leur union. On parle du fond, de l’espérance en Dieu et de notre reconnaissance à son égard et de l’idéal évangélique qui est partagé par les époux (ou porté par un des deux époux). Le pasteur dit sur le couple la bénédiction de Dieu, et leur remet une bible de mariage.

Le mariage peut unir un chrétien avec un ou une catholique, ou une personne d’une autre religion, voir avec une personne agnostique. Le témoignage de chaque conjoint, quelle que soit sa source d’inspiration trouve une place dans la cérémonie pour s’exprimer.

Si, dans la théologie protestante, le mariage n’est pas appelé « un sacrement Â», c’est à cause du sens qui est donné à cette notion de sacrement. Il a été souhaité dans l’église protestante que chaque personne qui le désire puisse recevoir tous les sacrements sans distinction. Or, il existe des personnes qui sont célibataires, il a été souhaité qu’elles puissent sentir par les sacrements qu’elles sont tout autant bénies que les autres.

 

 

Tréteaux pour le cercueil Tréteaux pour le cercueil Tréteaux pour le cercueil

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Tréteaux pour le cercueil

Le corps du défunt ne passe pas toujours par le temple. mais quand c’est le cas, le cercueil est disposé sur ces tréteaux dans le centre du temple. Néanmoins, les protestants ne prient pas pour les morts, dans la confiance que Dieu aime chaque personne et que rien de ce que l’on fait ne peut ajouter encore à cet amour. C’est également pour cela que le corps de la personne défunte n’est pas béni lors des obsèques protestantes mais mais c’est sur ceux qui pleurent le défunt qu’un geste de bénédiction est donné, afin que ce qui est en eux blessé par ce deuil puisse ressusciter maintenant avec l’aide de Dieu.

Le corps est donc là comme un souvenir de la personne aimée, souvenir qui est appelé à être vivant par la mémoire affectueuse.

Il arrive souvent que l’inhumation ou la crémation se fasse dans la stricte intimité familiale et qu’un « Culte d’actions de grâces Â» soit postérieurement célébré au temple pour la famille et les amis.

Au XIXe siècle, l’Oratoire a connu des obsèques avec un décorum extraordinaire, comme les obsèques de l’amiral de Winter.

Mais en général les obsèques protestantes sont simples et recueillies.

Pour en savoir plus :

 

 

Les quêteuses Les quêteuses Les quêteuses Les quêteuses

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Quêteuses

Cet objet est tout à fait particulier, me semble t-il. Cette sorte d’épuisette en velours foncé est utilisée pour passer dans les rangs des fidèles lors du culte pour recueillir leur offrande. Au musée du désert (à Miallet dans le Gard) il est possible de voir que cet objet existait déjà il y a plusieurs siècles. Dans d’autres églises, ce sont des corbeilles ou des plateaux sont utilisés. La théologie chrétienne protestante cherche à valoriser la libre responsabilité personnelle, et c’est ainsi à chacun de décider quelle part il désire offrir pour que l’église puisse vivre. Il est possible d’être très engagé personnellement dans la foi sans pour autant donner beaucoup d’argent à l’église, il y a tant de projets différents que la foi peut inspirer à une personne, par exemple une famille qui élève des enfants, une personne qui vient au secours de ses parents ou dans le cadre d’une association caritative... une personne peut aussi avoir un temps difficile matériellement, des emprunts lourds… C’est pourquoi il semble essentiel que le don reste une affaire très intime, décidée dans son fort intérieur devant Dieu. Ce modèle de quêteuses garantissent la discrétion et donc la liberté de chacun.

L’Église ne vit que des dons de ses fidèles et de ses sympathisants. Heureusement que la générosité est au rendez vous :

  • par l’offrande anonyme au cours du culte,
  • par des dons nominatifs qui permettent (aux personnes qui ont la chance de gagner assez pour payer des impôts) d’avoir un remboursement des 2/3 de leur don par l’état français, qui encourage ainsi les églises et les autres associations d’utilité publique.
  • par des legs

La collecte au cours du culte est faite par les diacres (membres et anciens membres du conseil de l’entraide, élu par les paroissiens). Le produit de cette quête est réparti entre l’Association Cultuelle de l’Église et l’Association d’Entraide de l’Oratoire. La destination des dons est annoncée avant la collecte pour que chacun puisse décider selon sa sensibilité.

Pour en savoir plus :

 

 

Bustes et autres souvenirs Bustes et autres souvenirs Bustes et autres souvenirs Bustes et autres souvenirs Bustes et autres souvenirs Bustes et autres souvenirs Bustes et autres souvenirs Bustes et autres souvenirs Bustes et autres souvenirs

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Bustes et autres souvenirs

Dans la grande Sacristie, des bustes et des inscriptions ont été disposés depuis la fin du XIXe afin de faire mémoire du protestantisme parisien.

Histoire du protestantisme parisien

Les grandes dates du protestantisme et les différents lieux de culte successifs à Paris sont inscrits sur un des tympans, avec un étrange mélange d’événements et de lieux, que l’on pourait mettre en ordre ainsi :

  • 1525 : premier martyr, Jacques Pauvant
  • 1555 : premier pasteur, le Maçon de la Rivière
  • 1559 : premier Synode
  • 1685, église sous la croix, pasteurs :
    1688 : Cardel
    1690 : Maturin, de Salve
    1692 : de Malzac, Givry, Giraud

Assemblées (lieux et dates des lieux de culte succesifs à Paris) :

  • 1526 : Marché hors la porte Saint Honoré
  • 1555 : rue des marais Saint Germain
  • 1557 : rue Saint Jacques, place Maubert
  • 1561 : rue Copeau, au patriarche
    au Pré aux Clercs
  • 1685 : ambassades de Hollande, Suède, Brandeborg, Danemark

Lieux de culte :

  • 1576 : Noisy le Sec
  • 1595 : Le Louvre (salle des caryatides)
  • 1599 : Grigny
  • 1599 : Ablon
  • 1606 - 1685 : Charenton
  • 1789 : rue Mondétour
  • 1790-1791 : rue Dauphine
  • 1811 : Oratoire !

Buste des premiers pasteurs de l’Oratoire

Les bustes des premiers pasteurs de l’Oratoire sont disposés sur des consoles avec leur nom et un verset biblique évoquant leur témoignage :

 

Liste et bustes des pasteurs

La liste des pasteurs avant la Révocation (i.e. la révocation de l’Edit de Nantes par l’Edit de Fontainebleau en 1685) sont inscrits sur deux des typans de la grande sacristie :

  • Morel, Chandieu, des Gallards, J. Macard, A. Marlorat (mort martyr),Théodore de Bèze, Jean Malot, Merlin, de Lestre, J. du Moulin, de Lauberan, d’Amours, de la Faye, Pierre du Moulin, Couet du Vivier.
  • Durand, Mestrezat, Drelincourt, Jean Daillé, Aubertin, le Faucheur, Gaches, Daillé fils, Morus, Jean Claude, Allix, Mesnard, de l’Angle, Gilbert, Bertheau

La liste des pasteurs qui se sont succédés dans la chaire de l’Oratoire depuis 1811 et avant 1882, c’est à dire avant la décentralisation en 8 paroisses sont inscrits sur un des tympans (les 6 premiers ont de plus leur buste).
Pasteurs de l’Eglise de Paris (Oratoire) :

  • Ph. Marron (Paul-Henri Marron, 1791-†1832)
  • JH. Rabaut (Jacques-Antoine Rabaut-Pommier, 1803)
  • J. Monod (Jean Monod, 1808)
  • HF. Juillerat (Henri-François Juillerat-Chasseur, 1816)
  • Ath. Coquerel (Athanase Coquerel père, 1832)
  • Ad. Monod (Adolphe Monod, 1847)
  • Fred. Monod (Frédéric Monod, 1831 mais adjoint de Marron dès 1819)
  • Montandon (Auguste-Laurent Montandon, 1860 †1906)
  • L. Martin-Pashoud (Joseph Martin-Paschoud, 1836)

Pasteurs de l’Eglise de l’Oratoire (1882), c’est à dire après la décentralisation en 8 paroisses, si l’ordre est parfois un peu étrange c’est que les pasteurs sont inscrits seulement après leur mort et alternativement sur l’une et l’autre des montants :

  • A. Decoppet (1882-1906)
  • J.E. Roberty (1891-1925)
  • Th. Monod (1902-1906)
  • W. Monod (1907-1938)
  • Em. Guiraud (1933-1937)
  • P. Vergara (1922-1954)
  • P. Ducros (1954-1963)
  • N. Recolin (1882-1893)
  • A. Viguié (1882-1891)
  • E. Lacheret (1893-1902)
  • J. Viénot (1906-1932)
  • A.N. Bertrand (1926-1946)
  • G. Vidal (1938-1960)
  • E. Lauriol (1946-1961)
  • R. Château (1961-1978)